Imprimer/Print
CapoeiraQuébec
 
   

Chronologie de la capoeira au Brésil

Navire négrier/Slaveship

 

N. B. : Certaines informations dans cette page semblent provenir de la chronologie du livre Capoeira, Danse de combat, d'Arno Mansouri. Pour commander cet ouvrage à partir du Canada, contactez l'Agence du livre (ADL) au (514) 525-4442 ou visitez le site http://adl.qc.ca.

 

1500 Découverte du Brésil par Pedro Alvares Cabral, à l'endroit connu maintenant sous le nom de Porto Seguro (État de Bahia).

1533 Début de la colonisation. Introduction de la culture de la canne à sucre au Pernambuco (Nordeste).

1549 Fondation de São Salvador (Salvador da Bahia) qui devient la capitale coloniale du Brésil pour les 214 années à venir. S'ensuit le début de l'immigration, du commerce des esclaves et l'arrivée des missionnaires Jésuites.

Les esclaves proviennent principalement d'Angola, du Mozambique (ethnie Bantoue) et de Guinée (ethnie Yoruba). Ils sont employés dans les champs de canne à sucre du Nordeste dans un premier temps, puis par la suite dans les mines du Minas Gerais, et sur les plantations de café du sud du pays. Les esclaves sont logés pour la plupart dans les senzalas (baraquements) localisés près des chaps ou des mines. L'hypothèse la plus probable est que la capoeira se soit développée aux alentours des senzalas, dans la brousse justement appelée capoeira, là où l'herbe était assez courte pour permettre l'entraînement.

1600 Fondation présumée des premiers quilombos (villages refusant de se soumettre à la couronne portugaise, peuplés d'esclaves en fuite et de marginaux). Ceux-ci se multiplient par dizaines à la grandeur du pays. Une autre théorie plausible est que la capoeira ait été développée comme forme d'auto-défense dans le but de protéger les quilombos.

1650- Les Bandeirantes (explorateurs) quittent São Paulo vers l'intérieur du pays, à la recherche d'or et d'esclaves indiens. Ces derniers sont victimes d'épidémies, de mauvais traitements et sont décimés, malgré l'appui des Jésuites. La population indigène passe de huit à deux millions en l'espace de deux siècles.

1667-1695 Nombreuses attaques et contre-attaques entre le Quilombo de Palmares (le plus peuplé et le plus connu de tous, véritable État dans l'État), et les capitaines portugais.

1695 Mort de Zumbi (chef du Quilombo de Palmares et guerrier redoutable) aux environs de Recife. Démembrement progressif de la République de Palmares.

1758 Un décret du roi du Portugal donne la liberté aux esclaves indigènes, qui ne forment pas une main d'oeuvre très efficace. Le trafic des esclaves provenant d'Afrique, beaucoup plus lucratif, s'intensifie dès lors.

1853 La population noire et métisse du Brésil est de beaucoup supérieure à la population d'origine européenne. Période d'agitation sociale et d'émeutes. Fin du commerce des esclaves et montée du mouvement abolitionniste.

1864-1870 Après avoir soumis l'Uruguay et l'Argentine, l'Empereur Pierre II entame une longue guerre contre le Paraguay, dans laquelle de nombreux capoeiras seront employés comme soldats.

1888 (13 mai) Abolition officielle de l'esclavage.

1889 Les propriétaires fonciers s'opposent à l'abolition de l'esclavage et forcent l'Empereur à prendre le chemin de l'exil. Premier d'une longue série de régimes militaires. La capoeira devient illégale et le demeurera jusqu'en 1932. C'est aussi le cas des autres formes d'expression comme le candomblé, etc.
Quem me ensinou a tocar berimbau
(Cebolinha, Terreiro de Jesus, 1976)
Photo L. Cerqueira

1890 Le ministre Ruy Barbosa fait brûler tous les documents, toutes les archives concernant l'arrivée des esclaves africains. Aux yeux du public, la capoeiragem est synonyme de banditisme et de vagabondage. En réalité, le Brésil est maintenant sillonné d'esclaves nouvellement «libérés», se retrouvant sans emploi et essayant de survivre. Les conditions de vie de la communauté afro-brésilienne demeureront précaires jusqu'à nos jours.

1930 Arrivée au pouvoir du président populiste et nationaliste Getulio Vargas (le Duplessis brésilien), grand favori des travailleurs et des classes défavorisées.

1932 Manoel do Reis Machado (Mestre Bimba) ouvre la première académie de capoeira à Salvador da Bahia, après avoir convaincu le président Vargas du bien-fondé de sa méthode. La Capoeira Regional devient un art martial codifié et le premier sport authentiquement brésilien. Celle-ci intègre des techniques et des mouvements similaires à ceux provenant d'arts martiaux étrangers, et présente de nombreuses différences par rapport à la tradition héritée des esclaves.

1941 Vicente Ferreira Pastinha (Mestre Pastinha) ouvre à son tour une académie, en continuité avec la tradition. Naissance de la Capoeira Angola moderne. Pastinha sera exproprié par le gouvernement en 1973, lors de la restauration du Largo do Pelourinho, et mourra dans la pauvreté en 1982.

1967- Les artistes bahianais prennent d'assaut le Brésil. Début du mouvement culturel tropicaliste auquel ont contribué Gilberto Gil, Caetano Veloso, Maria Bethânia, Tom Zè, Gal Costa, etc. La capoeira suit le mouvement et s'enseigne désormais à la grandeur du pays.

1990- On peut dire qu'à partir des années 1990 la capoeira est devenue une discipline véritablement mondiale, présente sur tous les continents. De nombreux maîtres ont désormais la possibilité de voyager aux quatre coins du monde pour enseigner leur art. Toutefois, aux sources même de la capoeira, à Salvador, les conditions de vie misérables qui l'ont vue naître perdurent...